Procès de Jean-Pierre Brissot et des Girondins.

Séance du 8 brumaire.

Léonard Bourdon, député à la Convention nationale, est entendu.
Léonard Bourdon : Quelques jours avant le 10 août 1792, Pétion, chez lequel je me trouvais, me tira à l’écart et m’invita de la manière la plus pressante à me servir de tout le crédit que j’avais sur l’esprit du peuple, pour empêcher l’insurrection, ou au moins pour en différer l’effet.
Deuxième fait. Dans la nuit du 9 au 10, étant occupé dans la commission révolutionnaire à interroger le commandant-général Mandat, sur les ordres que ce traître était accusé d’avoir donnés, de tirer sur le peuple ; au moment où le coupable pressé par la force de la vérité allait s’expliquer, un officier municipal survint et demanda à rendre compte d’événements importants qui venaient de se passer sous ses yeux ; il raconta les prétendus dangers que Pétion avait courus dans le château des Tuileries, où l’on avait voulu le retenir en otage; il annonça ensuite que le crime dont Mandat était accusé était évident ; qu’il en avait lu les preuves ; et dans le moment Mandat fut entraîné au-dehors, où le peuple indigné se précipita sur lui et lui donna la mort. J’ajoute que j’ai entendu dire depuis par la voix publique que deux citoyens inconnus s’étaient jetés sur Mandat, au moment où il tomba par terre, et lui avaient enlevé tous ses papiers. Il faut rapprocher ces faits des faits aujourd’hui connus ; Pétion n’avait couru aucuns dangers dans le château, il avait visité lui-même tous les postes, et Mandat tenait de lui l’ordre qu’il avait transmis aux commandants de bataillon de tirer sur le peuple. Troisième fait. Le 11 au matin, allant avec plusieurs de mes collègues à l’Assemblée législative pour l’instruire des événements de la nuit, nous passâmes chez Pétion que nous trouvâmes couché ; Pétion, au lieu de nous féliciter sur les mesures aussi sages que vigoureuses que nous avions prises pour le salut du peuple, nous témoigna beaucoup d’humeur, nous reprocha le sang des traîtres que le peuple avait versé, et nous demanda si tout cela finirait bientôt. Moi et mes collègues n’attribuâmes alors la curiosité du maire, dont nous ne pouvions soupçonner encore la moralité, qu’à son défaut d’énergie, et qu’à son peu de caractère.
Quatrième fait. Les commissaires du salut public ne se sont jamais présentés à la commission extraordinaire de l’Assemblée législative, sans y avoir des querelles très vives avec la plupart des membres qui la composaient (et l’on sait qu’à l’exception de trois ou quatre membres, tous les autres étaient de la faction) ; que dès le 12 août, Brissot, l’un d’eux, les traitait de dictateurs, d’hommes de sang ; qu’il leur reprochait avec aigreur que leurs pouvoirs avaient déjà trop duré ; et que s’ils ne se hâtaient de les déposer, on verrait qui, du corps législatif ou de la commune de Paris, l’emporterait. Je fus si indigné d’une conduite qui démasquait si bien la rage que la faction avait de voir ses projets de bienveillance pour la cour prêts à échouer, que je quittai brusquement la commission, et je fus à la barre de l’Assemblée me plaindre, et déclarer, au nom de mes collègues, que nous nous regarderions comme des lâches, si nous abandonnions, avant que la liberté fût établie, le poste périlleux auquel la confiance publique nous avait placés ; mais aussi que si nous restions un quart-d’heure après que le peuple serait sauvé, nous appellerions contre nous les poignards de tous les bons citoyens. Voyant toutes les difficultés qui s’élevaient dans la commission extraordinaire sur la question de la déchéance, et que ceux qui y favorisaient cette opinion ne le faisaient que parcequ’ils espéraient que cette question entraînerait des discussions interminables, nécessiterait un jugement et conséquemment une instruction, et que pendant ce temps la cour conserverait tous ses moyens de nuire et de corrompre, j’insistai de toutes mes forces pour que l’on prononçât sur-le-champ la suspension du pouvoir royal, le séquestre de la liste civile, la formation d’un conseil exécutif provisoire et la convocation d’une convention nationale : et alors enfin la commission, n’ayant plus de moyens d’évasion, fut obligée d’acquiescer à ces quatre propositions.
Cinquième fait. (Le déposant parle des intrigues pratiquées par la faction pour faire nommer eux ou leurs affidés à la Convention nationale ; il cite une lettre écrite par Brissot au corps électoral de Beaugency, pour faire nommer M. Louvet.)
Sixième fait. Ce sont les relations qui existaient entre les lâches qui m’avaient assassiné à Orléans, et la faction ; je cite pour preuve le rapport infâme que Noël, accuse contumace, avait présenté à cette occasion à la Convention nationale, au nom du comité de législation, qui alors, ainsi que les autres comités, était rempli par les conspirateurs ; Buzot entre autres était de ce comité, Rabaut, etc…
Je cite encore la conduite des quatre commissaires envoyés par la faction dans le Loiret, Lesage, Mariette, Dumont et Beaupréau, qui, au lieu de s’occuper de leur mission, ont fait essuyer mille vexations aux patriotes, ont fait emprisonner nommément, et comme par prédilection, trois d’entre eux et précisément ceux qui avaient été assassinés avec moi à Orléans, et qui avaient le plus contribué à faire reconnaître les coupables. Je dépose deux lettres à l’appui de ce fait.
Septième fait. Quelques jours avant le 31 mai, le jour où l’on avait annoncé une députation de citoyennes, instruit qu’il avait été remis une garde extraordinaire autour de la Convention, je proposai à Chasles, mon collègue, de vérifier ce fait par nous-mêmes ; étant sortis de la salle, nous eûmes à traverser une haie d’hommes armés, qui occupaient tout le terrain depuis la porte intérieure de la salle jusqu’aux cours ; nous entendîmes des menaces de la part de ces satellites. Parvenus dans la cour, nous en vîmes trois rangs, et en passant au milieu nous fûmes insultés de la manière la plus grave ; alors je dis à mon collègue : Arrêtons-nous, et sachons enfin ce que tout cela signifie. Nous étions occupés à faire appeler le commandant de cette troupe, composée d’hommes choisis dans la Butte-des-Moulins, le Mail et les Champs-Elysées, sections alors entièrement
livrées à la faction, lorsque Pache vint à passer ; nous nous réunîmes à lui pour savoir par quels ordres on avait osé violer l’enceinte intérieure de la Convention ; nous apprîmes de Raflet, commandant, que c’était de l’ordre de la commission des Douze. Nous nous y transportâmes sur-le-champ ; y étant rentrés, Pache fut traité de scélérat par Lidon ; il survint à ce sujet une querelle très vive entre cet insolent factieux et plusieurs de nous. Rabaut survint : après beaucoup de tergiversations, Rabaut fut enfin forcé de convenir que c’était lui et ses complices qui avaient appelé cette force, et qui avaient indiqué les sections dans lesquelles il fallait la choisir. Je fis alors les reproches les plus vifs à Rabaut : je le traitai de conspirateur, j’enjoignis de dissiper sur-le-champ cet attroupement d’assassins. Au milieu de la dispute survint Vigée, qui promit que la commission allait faire ce que nous désirions. Etant retourné à l’assemblée pour dénoncer ce fait, et demander le décret d’accusation contre ceux qui avaient osé, au mépris d’une loi positive, envelopper la Convention d’une force armée, j’appris que pendant mon absence Raffet avait été mandé à la barre, et avait même reçu les honneurs de la séance.
Le déposant finit par faire un rapprochement de différents faits connus avec les événements du 2 septembre, du 20 juin et du 10 mars; il prouve que c’est la faction qui avait elle-même provoqué ces mouvements irréguliers, afin d’avoir des prétextes pour calomnier le peuple.
L’accusé Brissot : La proposition de renouveler la commune de Paris fut faite à l’assemblée par Gensonné.
Léonard Bourdon m’a reproché d’avoir intrigué pour faire nommer Louvet à la Convention nationale. Il est vrai que j’ai désigné Louvet au citoyen Lepage, président du club électoral du département du Loiret ; mais mon intention n’avait pas été que cette lettre fût lue à l’assemblée électorale.
Le président : Brissot, de concert avec Louvet, Gorsas et son collègue Girey-Dupré, n’a cessé de diffamer les patriotes dans l’opinion publique, par les journaux que ces hommes dirigeaient.
L’accusé Brissot : Je n’ai jamais diffamé personne.
L’accusateur public : Pour prouver la vérité de ce que vient d’avancer l’accusé, je vais lui lire un article de son journal. Le voici :
« Le discours de Robespierre n’a point trompé l’attente de ceux qui sont familiarisés depuis longtemps avec sa tactique de tribune. Robespierre ne veut que des applaudissements ; il doit donc toujours flagorner le peuple (des tribunes). Robespierre a peur ; il aura donc toujours devant les yeux des poignards. Robespierre craint la raison ; il parlera donc toujours aux passions. Il est profond en perversité ; il parlera donc toujours de la profonde perversité des autres ; il ne cesse de calomnier ses ennemis ; il déclamera donc éternellement contre la calomnie. Prenez au hasard un discours de Robespierre, vous y verrez toujours ce langage, cette marche. Le discours qu’il a prononcé aujourd’hui en offre un nouvel échantillon.
Les discours prononcés par Salles et Buzot avaient trop fortement ébranlé les esprits, pour que Robespierre ne s’attachât pas à détruire cette conviction naissante ; mais il s’est bien gardé de discuter, la logique à la main ; il a eu recours aux insinuations, à la calomnie d’intention, à l’exagération des conséquences. Aussi il a fait entendre que ce renvoi aux assemblées primaires de la question de la peine à infliger au ci-devant roi était un plan désastreux, combiné par des intrigants pour bouleverser la république, pour occasionner la guerre civile, faciliter l’entrée de la république aux rois étrangers, et transiger ensuite aux dépens du bon, du pauvre peuple… Demandez à Robespierre ses preuves ; il vous répondra : je ne prouve rien, je dénonce ; ai-je prouvé à la commune, quand je dénonçais mes adversaires à la bonne volonté de mes satellites ?…..
Il voyait ce plan écrit dans l’ignorance des assemblées primaires ; les bavards, les intrigants y domineraient infailliblement…… Certes, l’histoire du corps électoral de Paris pourrait venir à son appui ; mais ce serait offenser les départements que de les juger d’après ce modèle.
La plupart des motifs donnés par Robespierre contre le renvoi au peuple sont tous à peu près de cette force ; mais il les a entremêlés de diatribes contre ses adversaires, d’insinuations plus dangereuses que la calomnie, d’éternels appels au peuple des tribunes, de figures de rhétorique sur les dangers qu’il courait, de jérémiades sur les persécutions éprouvées par ce qu’il appelle les patriotes, et qui ne sont que les anarchistes.
Tel est à peu près le caractère de cette pièce, qui paraissait assez bien combinée pour enflammer les tribunes. Mais le petit projet d’inflammation a été dérangé par le décret qui a défendu les applaudissements, et qui n’a été violé qu’une seule fois.
L’accusateur public : Je vous demande, citoyens jurés, si c’est ainsi qu’écrit un homme qui ne s’est pas fait un système de diffamer les patriotes ?
L’accusé Brissot : On ne peut me faire un crime de mon opinion.
L’accusateur public : Je réponds à l’accusé Brissot, qu’en lisant le discours de Robespierre, qu’il a morcelé dans son journal, je n’ai point prétendu en tirer la preuve de l’existence de la conspiration, mais faire connaître aux citoyens jurés qu’il y avait un plan de formé pour diffamer les patriotes. L’accusé Vigée : Je n’ai rien à répondre à la déposition de Bourdon, relativement à la commission des Douze, sinon que ce qu’il a dit est de la plus exacte vérité.
Le président : Je demande aux accusés qui étaient membres de la commission des Douze, s’ils ont concouru à l’ordre donné à la force armée par cette commission pour entourer la Convention nationale ?
Les accusés Vigée, Boyer-Fonfrède, Gardien et Boilleau répondent qu’ils n’ont point concouru à cet ordre.
Le président : Si les accusés n’ont point donné cet ordre, au moins en ont-ils eu connaissance. Ils ont dû savoir qu’il était contraire aux lois, et que par conséquent il n’avait pu être donné que par des malveillants. Si les accusés avaient été aussi patriotes qu’ils veulent le faire croire, ils auraient, dès ce moment, donné leur démission de membres d’une commission qui violait ouvertement les lois. L’accusé Vigée : Je dois faire une déclaration : c’est que Rabaut, secrétaire, fit arrêter par le comité que les délibérations seraient signées de tous les membres, afin qu’aucun en particulier ne fût compromis.
L’accusateur public : Cette déclaration fait connaître la composition et les projets de ce comité. Hébert : Pendant le long espace que je restai à la commission des Douze, je remarquai la manière dont elle délibérait. Les membres se divisaient en sections, parceque le nombre des proscrits était considérable. On me fit passer dans une autre salle, pour interroger Varlet qui avait été mutilé par les agents de la faction. Mais le comité s’assembla, et sans doute ils participèrent tous à l’arrêté qui me renvoya à l’Abbaye.
Brissot et Gorsas écrivirent dans leurs feuilles que j’avais été arrêté pour avoir formé un complot contre la Convention nationale. Cependant, citoyens jurés, je n’avais usé que de la liberté de la presse.
Léonard Bourdon dépose entre les mains du président du tribunal une lettre que lui a écrite l’accusé Boileau. – Le greffier en fait lecture.
Par cette lettre, l’accusé Boileau prie Léonard Bourdon d’être son défenseur. Il avoue qu’au milieu des accusations que se lançaient les deux partis, il a été un moment dans l’erreur ; mais à présent que le bandeau est tombé de ses yeux, et qu’il sait où siège la vérité, il déclare qu’il est montagnard. « Il est clair à mes yeux, dit-il, qu’il a existé une conspiration contre l’unité de la république, comme il est clair que les Jacobins ont toujours servi la république. Pour finir, je reconnais que tant que le côté droit aurait été en force, il aurait paralysé les mesures les plus vigoureuses. Je déclare n’avoir jamais été chez Valazé, quoiqu’il m’en ait beaucoup invité. »
L’accusé Boilleau reconnait la lettre dont on vient de faire lecture pour être celle qu’il a écrite à Léonard Bourdon.
Le président : Je demande à Valazé s’il a engagé Boilleau à se rendre chez lui ?
L’accusé Valazé : Oui.
Le président : Nommez, Boilleau, ceux d’entre les accusés que vous avez entendu désigner dans votre lettre au citoyen Léonard Bourdon comme des conspirateurs ?
L’accusé Boilleau : Je n’ai entendu accuser personne ; j’ai cherché la vérité, je l’ai trouvée parmi les Jacobins, et je suis maintenant Jacobin. La trahison des Toulonnais m’a fait voir qu’il y avait des coupables : mais je ne puis les désigner, j’attends pour les connaître le jugement du tribunal. L’accusateur public : Il résulte de la lettre de Boilleau qu’il a la conviction intime qu’il a existé une conspiration contre l’unité de la république ; il en résulte encore que, flottant entre les partis, et ne pouvant distinguer les vrais patriotes, il a cru que la commission des Douze pouvait les lui faire reconnaître. J’observe à Boilleau que si ce qu’il dit est vrai, il a dû être détrompé sur le compte de la commission des Douze, dès les premiers jours de son établissement ; l’arrestation arbitraire d’un magistrat du peuple, les insultes faites par Rabaut au maire de Paris, et en sa personne au peuple entier de cette ville, et les déclarations faites à ce comité par le perruquier de Buzot et un ancien garde-du-corps suffisaient pour lui faire voir que l’aristocratie dirigeait les opérations de cette commission, qui avait juré la perte de la république. Je lui demande quels sont les motifs qui l’ont engagé à garder le silence, lorsqu’il aurait dû dénoncer ces vexations à la Convention nationale ? L’accusé Boilleau : Quant à Hébert, je ne me rappelle pas d’avoir signé le mandat d’arrêt.
Le président : Il est précieux qu’un homme traduit devant la loi comme conspirateur dise qu’il est persuadé qu’il a existé une conspiration contre l’unité de la république.
L’accusé Boilleau : Il est vrai que je n’ai pas toujours eu cette persuasion ; mais la vérité m’arrache l’aveu que je viens de faire ; je ne sais rien que ce que je viens de dire.
Le président : Il est étonnant que Boilleau soit si ignorant sur les événements provoqués par le côté droit de la Convention, quand il entendait traiter journellement les défenseurs du peuple de buveurs de sang, tandis que Lepelletier et Marat, qui siégeaient parmi eux, ont été assassinés.
L’accusé Boilleau : Certes, si j’avais su que le côté droit eût coopéré à l’assassinat de Lepelletier, je l’aurais abhorré.
Le président : Boilleau dit qu’il n’a pas cru que Lepelletier fut assassiné par l’influence du côté droit ; mais il ne disconviendra pas au moins que le monstre qui a tranché les jours de Marat ne fût vomi par le côté droit.
L’accusé Boilleau : C’est peut-être cet événement qui m’a éclairé.
Le président : Je demande à Vigée s’il n’est pas convaincu qu’il a existé une conspiration contre la république ?
L’accusé Vigée : Je n’ai jamais cru qu’il existât une conspiration contre la république.
Le président : A quelle époque êtes-vous parti pour la Vendée ?
L’accusé Vigée : Au mois de février dernier.
Le président : N’étiez-vous pas auparavant procureur-syndic du district d’Angers ?
L’accusé Vigée : Oui ; mais je donnai ma démission au mois de mai 1791.
Le président : N’est-il pas plutôt vrai que vous fûtes obligé de donner votre démission à cause de votre incivisme ?
L’accuse Vigée : Non.
L’accusé Duchâtel : L’accusateur public a dit que j’avais envoyé, de concert avec Pétion et autres,
Charlotte Corday pour assassiner Marat ; à l’époque où j’ai vu Pétion dans le Calvados, Marat n’était plus, et je n’ai point conspiré contre l’unité de la république.
Le président : Comment l’accusé fera-t-il croire qu’il n’à point conspiré, quand il est constant qu’il était lié avec Pétion ?
L’accusé Duchâtel : Je n’ai été dans le Calvados que le 2 juillet ; et à cette époque plusieurs départements s’étaient déjà révoltés.
Le président : Avez-vous vu à Caen Pétion, Buzot et Barbaroux ?
L’accusé Duchâtel : Oui.
Le président : N’êtes-vous pas allé à Caen, à la tête de la force départementale qu’envoyait contre Paris le département d’Ille-et-Vilaine?
L’accusé Duchâtel : Quand je suis arrivé j’étais seul.
Le président : Ne vous rendîtes-vous pas à Caen, afin de renforcer les conspirateurs qui y étaient et qui soulevaient les départements contre la Convention nationale ?
L’accusé Duchâtel : Si j’avais su cela, je ne m’y serais pas rendu.
Le président : Quels étaient les passagers qui étaient avec vous dans le bâtiment sur lequel vous avez été arrêté ?
L’accusé Duchâtel : Ils avaient des noms différents des leurs; l’un s’appelait Merin, l’autre Dubois, etc. etc…
Le président : N’est-ce pas vous qui, en bonnet de nuit, êtes venu voter contre la mort du tyran ? L’accusé Duchâtel : Comme je n’ai à rougir d’aucune de mes actions, je déclare que c’est moi.
On entend un autre témoin.
André Sandos, officier-de-paix, dépose avoir été chargé de conduire au Luxembourg Valazé, l’un des accusés, et que celui-ci, d’un air courroucé et furieux, prononça ces mots : « Je suis forcé d’obéir à la loi, mais f…..j’aurai des vengeurs ! »
Le citoyen Arbaletrier, aussi juge-de-paix, fait la même déclaration que le précédent témoin.
L’accusé Valazé: Je me souviens qu’un jour le déposant vint chez moi pour opérer ma translation
du Luxembourg ; j’avoue que cette démarche de la part du témoin, qui n’aboutissait à rien, m’indisposa beaucoup, et je lui dis : Je considère votre démarche comme une vexation, et j’en tirerai, tôt ou tard, une vengeance éclatante.
On entend un autre témoin.
François Deffieux , negociant : Je déclare que, huit mois après la révolution, Vergniaud, Gensonné, et généralement la députation de la Gironde n’étaient pas patriotes. Mes affaires m’ayant appelé à Bordeaux, je profitai de mon séjour dans cette ville pour demander l’établissement d’un club de sans-culottes. Je fus tourné en ridicule par les accusés. Quelque temps après ils singèrent le patriotisme et créèrent la Société des Récollets. Vous connaissez, citoyens, tout le mal que cette Société a fait à la république. Gensonné, devenu procureur de la commune de Bordeaux, persécuta le club national et protégea le ci-devant duc de Duras.
Les accusés Ducos, Gensonné, Vergniaud, Fonfrède, interpellés de répondre sur ces derniers faits, récriminent diversement contre cette déposition ; le dernier vante les sacrifices qu’il a faits pour la révolution.
Le président, à Fonfrède : Durant la révolution, n’êtes-vous pas allé en Hollande ?
L’accusé Fonfrède : Marié contre le vœu de mon père, je me suis retiré pendant quelque temps en Hollande.
Le président : N’avez-vous pas pris dans ce pays le titre de comte ?
L’accusé Fonfrède : Non.
Deffieux : Vous vous rappelez, citoyens, avec quelle énergie j’ai dénoncé la faction. La ville de Bordeaux fit un don patriotique de 100,000 livres ; elle l’envoya à Paris par les citoyens Marandon et Delpech, membres de la Société des Récollets ; ils vinrent me trouver et me dirent : Vous avez quelque influence dans la Société des Jacobins, il faut que vous fassiez établir une commission secrète ; nous en avons une à Bordeaux, et par-là nous saurons tout ce qui se passe, et nous ne dirons au peuple que ce que nous voudrons. Je leur dis : Vous êtes des coquins qui voulez donner de nouveaux fers au peuple. Je rapportai à Grangeneuve, qui alors n’était pas de la faction, la conversation qui venait d’avoir lieu entre Marandon et moi. Quelque temps après je me rendis à Bordeaux. J’avais l’intention de dénoncer la faction connue sous le nom de girondins et de brissotins. Je me proposais aussi de dévoiler les perfidies de Marandon. Eh bien, citoyens, Fonfrède écrivit à Fulnerail qu’il fallait me jeter dans la rivière. Comme j’avais rendu des services, le peuple ne fit aucun mouvement. Roland lança contre moi un mandat d’arrêt ; j’étais alors à Montpellier. A mon retour à Paris, je fis connaître les intrigues de Roland ; enfin le mandat d’arrêt fut retiré. Cependant on chercha les moyens de me perdre. Dans un souper qui eut lieu chez madame Roland, Vergniaud promit de me faire décréter d’accusation. Effectivement Vergniaud fabriqua un roman contre moi ; mais je me présentai à la barre, je le démasquai et je fis voir l’absurdité de ce dont il m’accusait, et le décret ne passa pas. Cependant Roland substitua dans les papiers trouvés dans l’armoire de fer, à une lettre de Gensonné à Vergniaud, une autre lettre qui n’était adressée à personne, et dont on a prétendu que j’étais l’auteur, afin de me perdre.
L’accusé Vergniaud : Deffieux a dit que Roland avait ôté la lettre que j’avais écrite à Boze, pour y substituer celle qu’il vient de citer. Citoyens, si nous avions voulu perdre quelqu’un, ce n’aurait pas été Deffieux, qui n’était pas d’une assez grande importance, mais bien Danton et Robespierre ; ainsi, si Roland avait substitué des papiers dans l’armoire de fer, ce n’aurait point été une lettre qui inculpait Deffieux, mais des pièces qui auraient pu perdre ces deux représentants du peuple.
Deffieux : La députation de la Gironde arrivée à Paris, je me défiai des hommes qui la composaient ; je les ai observés, et j’ai vu qu’avant la journée du 10 août, lorsqu’on dénonçait aux Jacobins les généraux et les ministres, ils en prenaient la défense.
Gensonné et Brissot firent un discours pour prouver l’existence du comité autrichien ; nous leur dimes : Oui, ce comité existe ; mais, pour l’anéantir il faut détruire le château. Quand Vergniaud vit que nous voulions couper le mal dans sa racine, il nous dit : Ne vous attendez pas que le comité propose la déchéance. Brissot le dit aussi : cela nous fit voir qu’ils étaient des royalistes.
Vous connaissez, citoyens jurés, tous les moyens qu’employaient les accusés pour calomnier Pache, alors ministre de la guerre, qui n’était pas de la faction de Roland. Ils firent dire par tous les généraux que ce ministre vertueux les laissait manquer de tout. J’étais alors à Toulouse, ou je fus à portée de connaître toutes les manœuvres qu’employait la faction pour discréditer Pache. Je vins à Paris pour la dénoncer ; je reçus à mon arrivée une lettre du commissaire-ordonnateur Yon, dans laquelle il me disait que Servan, qu’il avait cru jusqu’alors son ami, se disposait à dénoncer Pache, d’après l’invitation qu’il en avait reçue de Brissot. Servan vint ensuite à Paris, où il vit très souvent Brissot. L’accusé Brissot : Il est vrai que dans ses lettres Servan disait beaucoup de mal de Pache ; mais ce n’est pas une conspiration.
Deffieux a dit que Servan, de retour à Paris, vint chez moi, et que j’eus avec lui de longues conférences. Citoyens, Servan vint un jour chez moi, mais il me dit en sortant : Mon ami, quand on vient chez vous on risque d’être pendu ; et je ne l’ai point revu depuis.
Deffieux : Beurnonville remplaça Pache. Les patriotes le crurent un moment brouillé avec Dumouriez ; c’est ce qui les détermina à le porter au ministère. Mais ils furent bientôt détrompés, et ils le dénoncèrent. Ce fut la faction qui le soutint. Certes, soutenir Beurnonville, quand les patriotes, quand tous les faits l’accusaient, c’est être criminel de lèse-nation.
Je reproche encore à Brissot d’avoir proposé sept guerres dans une semaine. Robespierre et Danton
étaient fortement opposés à Brissot ; mais l’influence de la faction l’a emporté, et nous a entraînés dans la guerre que nous éprouvons. J’écrivis au club des Récollets pour dénoncer la faction, ainsi que la commission des Douze, qui a fait beaucoup de mal, et qui se promettait d’en faire davantage. Fonfrède écrivait, par tous les courriers, à un nommé Blignac. C’était lui qui dirigeait les opérations de cette Société qui a égaré l’opinion publique sur la journée du 31 mai, et qui a écrit à Huningue pour retirer de l’armée nos bataillons et les faire marcher sur Paris. Lyon ne se fût pas insurgé, s’il n’avait pas été soutenu par la commission des Douze et par le club des Récollets de Bordeaux.
On faisait imprimer les lettres de Fonfrède avant la distribution des papiers, et c’était par ces lettres mensongères, dans lesquelles l’auteur disait : « Ne croyez pas ce que vous dira tel ou tel papier (les papiers patriotes) car ils sont vendus à la faction, qu’on apprenait ce qui se passait à Paris. Ce fut le Testament de Gensonné qui détermina l’établissement de la commission populaire à Bordeaux. Vergniaud, après son arrestation, a envoyé des écrits à Bordeaux ; et ce sont ces écrits qui ont déterminé les habitants de cette ville à marcher sur Paris.
L’accusé Fonfrède : Il est vrai que j’ai écrit plusieurs lettres à Blignac ; mais je ne lui ai jamais dit de ne pas croire aux bonnes nouvelles.
L’accusé Vergniaud : Depuis mon arrestation, j’ai écrit plusieurs fois à Bordeaux ; dire que dans ces lettres je fis l’éloge de la journée du 31 mai serait une lâcheté ; et, pour sauver ma vie, je n’en ferai point. Je n’ai pas soulevé mon pays en ma faveur ; j’ai fait le sacrifice de ma personne.
Deffieux : N’ayant pu maintenir le tyran sur le trône, la faction a voulu le sauver par l’appel au peuple. Quand sa tête fut tombée, elle voulut fédéraliser la république. J’oubliais un fait qui a eu lieu pendant le procès du ci-devant roi. Soulès, qui connaît Vergniaud, fit une pièce intitulée : la Révolution de Syracuse, dans laquelle on condamnait un tyran, après avoir rejeté l’appel au peuple ; mais, au moment de l’exécution, le peuple demandait la grâce du coupable et l’obtenait. La représentation de cette pièce a été interdite à Paris ; mais Soulès fut envoyé par la faction à Bordeaux pour la faire jouer.
Depuis la révolution du 31 mai, plusieurs émissaires de Bordeaux sont venus à Paris pour se concerter avec les accusés sur les mesures qu’il convenait de prendre dans les circonstances. Le système de fédéraliser la république était si bien établi, que Vergniaud, quelques jours avant la journée du 31 mai, dit à la tribune de la Convention nationale : « On parle de nous mettre en état d’arrestation ; mais je déclare que la ville qui se permettra cette violation de tous les droits n’aura plus de communication avec notre département. » La nomination de Polverel et de Santonax est l’ouvrage de Brissot et de Vergniaud, qui ont forcé la main au ministre Monge ; c’est Fonfrède qui a fait nommer Delpech secrétaire de cette commission ; ainsi je les accuse des troubles de Saint-Domingue, et de tout le mal que ces commissaires civils ont fait à nos colonies.
L’accusé Brissot : C’est le ministre Lacoste qui a nommé Polverel.
Deffieux : C’est Raimond, l’homme de couleur, et Brissot qui ont fait nommer Santonax.
Un autre témoin est entendu.
Pierre-Joseph Duhem, médecin et député à la Convention nationale : J’ai quelques faits particuliers a ajouter à l’acte d’accusation. Premier fait. Le 5 septembre 1792, j’étais à diner chez Pétion ; Brissot, Gensonné et plusieurs autres députés s’y trouvèrent aussi. Vers la fin du dîner, les deux battants s’ouvrirent, et je fus fort étonné de voir entrer quinze coupe-têtes, les mains dégoutantes de sang ; ils venaient demander les ordres du maire sur quatre-vingt prisonniers qui restaient encore à massacrer à la Force. Pétion les fit boire, et les congédia en leur disant de faire tout pour le mieux. Deuxième fait. Après la conquête de la Belgique, Dumouriez vint à Paris pour y arrêter le plan de campagne prochaine ; je me trouvai à la séance d’un comité où étaient Kersaint, Guadet et Ducos. Il était question de déclarer la guerre à la Hollande ; je fis objections ; je dis qu’il fallait d’abord fortifier
nos armées. Guadet me répondit : « Ce n’est pas fortifier les armées, qu’il faut faire ; il faut tuer tous les scélérats de l’intérieur, en me désignant, ainsi que plusieurs autres patriotes qui se trouvaient au comité.
Troisième fait. Il vint un jour chez moi un particulier qui me parut être un aristocrate ; il était porteur d’un billet signé Gensonné, Ducos et Fonfrède. Cet individu me demanda ma protection pour un achat de grains qu’il devait faire à Dunkerque ; je le reçus fort mal ; cependant je ne le fis pas arrêter. Ducos et Fonfrède, à qui j’en parlai, m’avouèrent qu’ils avaient signé ce billet ; mais que cette personne avait une attestation de la commune de Bordeaux, et que les grains qu’elle allait acheter à Dunkerque étaient pour l’approvisionnement de cette ville. Ce fait prouve que la faction avait aussi le projet d’affamer la république, et surtout nos armées, en retirant des frontières les grains qui s’y trouvaient.
L’accusé Fonfrède : Ces grains étaient pour Bordeaux.
Duhem : Les comités de défense et de sûreté générale étaient un jour réunis ; plus de cent membres de la Convention assistèrent à cette séance. Le ministre Lebrun vint proposer l’arrestation de trente-neuf conspirateurs, parmi lesquels se trouvaient Dumouriez et les enfants du ci-devant duc d’Orléans ; je demandai qu’on ajoutât à cette liste le nom de Roland. A cette proposition la faction ne put retenir son indignation, et Lasource, tirant deux pistolets de sa poche , et les posant sur la table, dit, en me menaçant, que ce mandat d’arrêt ne passerait point ; on se borna donc à expédier des mandats d’arrêt contre les trente-neuf individus désignés par Lebrun ; mais quand il fut question de les signer, Lasource, qui était alors membre du comité de sûreté générale, et d’autres membres avaient disparu. Ce fait prouve combien la faction avait peur qu’on brisât l’idole qu’elle avait élevée, et devant laquelle il fallait fléchir le genou.
L’accusateur public : Voici une lettre qui prouve que Roland et sa femme étaient les principaux chefs de la faction, et que Duperret était le point central de leur correspondance. La lettre est datée de la prison de Sainte-Pélagie, elle est adressée à Duperret.
En voici l’extrait :
Après avoir fait à Duperret des compliments sur son énergie et son patriotisme, la femme Roland s’exprime ainsi : « Si toute communication n’est pas encore rompue avec nos amis (les députés conspirateurs réfugiés à Caen), dites-leur que leurs peines sont les seules que j’éprouve. Ce peuple aveugle laissera donc périr ses meilleurs amis ! Ce pauvre Brissot vient d’être décrété d’accusation : est-il arrivé ? Mais que me sert de vous faire cette question ? vous ne pouvez me répondre. Adieu ! vous ferez bien de brûler ma lettre.
« Signé Roland, née Philippon. »
L’accusé Duperret : J’avoue avoir reçu cette lettre, mais j’ignore quelles étaient les liaisons de Brissot avec Roland.
On fait lecture de la lettre suivante :
Réponse de Duperret à la lettre de la femme Roland.

« Je me suis intrigué depuis votre arrestation pour vous faire rendre la liberté ; mais les tyrans qui vous retiennent en prison ont toujours mis des obstacles au succès de mes démarches. Comptez sur ma persévérance. J’ai reçu deux lettres de Barbaroux et de Buzot, mais je ne sais comment vous les faire parvenir, attendu qu’elles sont maintenant entre les mains de Pétion. J’avertirai aujourd’hui ces citoyens des moyens que j’ai de recevoir leur correspondance d’une manière assurée ; je ne reçois pas une lettre qui ne parle de vous avec le témoignage du plus grand respect.
Quant à moi, vertueuse citoyenne, j’ai l’âme déchirée sur vos malheurs ; mais la France va se lever tout entière, et je vois déjà les couronnes civiques ceindre votre front et celui de votre auguste
époux. Vous êtes plus heureuse dans votre prison que ne le sont sur leurs sièges de sangles tyrans qui vous persécutent. La majeure partie des départements s’est prononcée, on prend les plus grandes mesures pour faire cesser le règne de l’anarchie ; vingt-deux de nos collègues proscrits sont réunis à Caen, et y travaillent nuit et jour pour éclairer l’opinion publique, et faire réussir ce vaste plan.

« Signé Duperret. »

L’accusateur public : Vous voyez, citoyens jurés, qu’une partie de la faction préparait à Caen une insurrection contre la représentation nationale, tandis que l’autre partie était restée à Paris pour seconder et faire réussir leurs infâmes projets.
L’accusé Duperret : C’est Barbaroux qui m’écrivait qu’on prenait ces mesures à Caen.
L’accusateur public fait lecture d’une autre lettre, trouvée dans les papiers de l’accusé Duperret. L’auteur provoque de la part des Marseillais l’envoi d’une force départementale à Paris, pour protéger la partie saine de la Convention nationale et sa translation à Bourges.
L’accusé Duperret : Cette lettre a été saisie chez moi, avec beaucoup d’autres papiers , par les trente-deux députés de Marseille qui sont venus à Paris.
Le président : Je demande aux accusés qui étaient membres de la commission des Douze si Rabaut Saint-Etienne leur avait communiqué le rapport qu’il devait faire au nom de cette commission. L’accusé Vigée : Rabaut s’est retiré à l’hôtel Jean-Jacques-Rousseau pour faire ce rapport, et c’est de là qu’il est parti avec Bergoing.
Les accusés Gardien, Boilleau et Fonfrède déclarent que ce rapport ne leur a point été communiqué. Le président : Je demande à l’accusé Duperret s’il n’a point reçu, par la fille Corday, le discours de Bergoing et le rapport de Rabaut ?
L’accusé Duperret : Charlotte Corday m’a remis un paquet dans lequel étaient renfermés plusieurs imprimés ; peut-être les pièces que vient de citer le président s’y trouvent-elles.
Le président : Ces pièces vous seront remises, citoyens jurés ; vous verrez quels sont les personnages qui figuraient dans ce fameux complot. Voici une autre lettre qui a été écrite à Duperret ; elle est datée d’Evreux.
En voici l’extrait :
«Salles, Le Sage, La Rivière et moi, nous allons en pèlerinage pour encourager les braves citoyens à marcher sur Paris. Dans ce moment-ci, Girey-Dupré arrive, etc… »
Duhem : J’ajouterai un fait à ma déposition ; c’est que madame Roland m’a voulu accaparer, pour la révolution départementale. Elle m’écrivit un jour d’aller diner chez elle et d’y amener le plus de patriotes qu’il me serait possible. En me rendant à son invitation je rencontrai Le Sage-Sénault, qui m’accompagna. Lanthenas et Louvet étaient chez Roland. La conversation s’engagea sur la commune de Paris. Je démontrai à Roland que le conseil exécutif devait aller de front avec elle, et que la Convention nationale lui devait son existence. Louvet et Roland lui dirent qu’il était impossible d’être d’accord avec cette commune anarchique. On entra ensuite dans le cabinet de madame Roland, où il fut question de fédération ; ce qui me fit croire qu’on voulait m’accaparer conne député du département du Nord.