Guillotin et la guillotine

Les crimes de la guillotine.

Il y aurait un livre à faire ; ce serait celui qui essayerait de répondre à cette question : De l’influence de la guillotine sur la marche de la Révolution. On se demande si cette mécanique à couper des têtes, qui montre partout ses deux longs poteaux rouges dans l’immense régénération sociale de la France, a suffi pour imprimer à cette grande époque le caractère sanguinaire qui la marque au front. En d’autres termes, si la guillotine n’avait pas été inventée, l’histoire aurait-elle à déplorer les monstrueux excès de 93 ?
Eh bien, je crois fermement que la maiden n’est pas même digne de ce triste honneur, et que 93 se fut très-bien passé de ses services ; on a de la peine à se persuader que les résistances opiniâtres et insensées que le vieux monde opposait au nouveau n’ont fléchi que devant l’ingénieux et expéditif instrument de mort, et que Guillotin a été, sans s’en douter, la cause première et innocente de la notoriété que se sont acquise les Sanson. Sans doute, la maiden, en domestique dévouée à ses maîtres, et esclave de leurs volontés, a fait tout ce qui était en son pouvoir pour leur être agréable ; mais il est arrivé plus d’une fois que la vigueur lui a fait défaut, et qu’on dut momentanément la remplacer par les fusillades, les mitraillades, les noyades et les sabrades. D’ailleurs, n’a-t-on pas eu l’idée de lui donner son compte et de lui substituer une autre servante beaucoup plus alerte, qui eût fait, dans le même espace de temps, quatre, cinq ou six fois la besogne ? Bien plus : on finit par s’habituer tellement à la mécanique, qu’elle ne provoqua plus que des rires et des chansons, et que, pour ne pas se séparer d’elle, on porta son portrait en guise de broches, de breloques, de bagues ou de boucles d’oreilles.
C’est à un point qu’un libraire facétieux de la rue Saint-Jacques choisit pour attirer les chalands cette magnifique enseigne :

A NOTRE-DAME DE LA GUILLOTINE.

Quoi qu’il en soit, la guillotine a fait malheureusement trop parler d’elle, et elle a à son bilan des crimes affreux qui ternissent à tout jamais sa réputation.
On n’a jamais su positivement le nombre de victimes qu’elle a faites, même seulement à Paris, durant les vingt-trois mois de son brillant règne, c’est-à-dire depuis le 17 août 1792, qu’elle a été définitivement plantée par le Tribunal criminel, jusqu’au IX thermidor qu’elle a inauguré en tombant lourdement sur le cou de son actif et implacable pourvoyeur.
J’ai dépouillé avec soin le Répertoire de Clément, recueil curieux, dont l’intérêt est encore rehaussé par une gravure représentant Marie-Antoinette devant ses juges, une main levée au ciel, l’autre placée sur son cœur, et protestant ainsi contre l’épouvantable calomnie qui cherchait à la frapper dans son honneur de femme et de mère.
Mais le sombre catalogue de Clément s’arrête au 18 janvier 1794, et la maiden avait encore plus de six mois à parcourir une carrière de sang et de carnage. Elle eut à elle sa tribune, son journal, et les Parisiens pouvaient savoir en se couchant, par une liste générale qui se hurlait dans les rues, le nombre des malheureux qui dans la journée avaient « mis le nez à la fenêtre » avaient « éternué dans le sac. » Cette liste fournit par l’analyse le résultat suivant, qui comprend l’espace compris entre le 26 août 1792 et le 9 thermidor (27 juillet 1794) :

Place du Carrousel. 25
Place de Grève. 9
Place de la Révolution. 1218
Barrière Saint-Antoine. 97
Barrière Renversée (du Trône). 1284
Total. 2633
parmi lesquels je compte 334 femmes. Cela n’est que pour Paris, bien entendu ; mais dans les départements, grâce aux Carrier et aux Fouché, les fournées, les charretées allèrent leur train, et Prudhomme, dans son Dictionnaire infernal a porté à 18,613 le nombre général des malheureux guillotinés sabrés, noyés ou mitraillés.
Au reste, il y avait à Paris un cimetière plus spécialement consacré à recevoir tous ces corps sans têtes : c’était celui de l’église de la Madeleine de la Ville-l’Evêque, sur l’emplacement
duquel a été élevé, à la mémoire de Louis XVI, le monument funéraire connu sous le nom de Chapelle expiatoire. Les charrettes, après avoir porté les victimes vivantes sur la place du Carrousel, sur celle de la Révolution (ci-devant Louis XV), à la barrière Renversée (barrière du Trône), ou à la barrière Antoine, en face de la Bastille, les rapportaient décapitées au cimetière de la Madeleine. Puis, plus tard, ce cimetière est vendu comme bien national ; il tombe entre les mains d’un sieur Olivier Descloseaux, ex-avocat. Descloseaux veut savoir le nombre et les noms de tous les infortunés dont son terrain recèle les os ; il en trouve la liste je ne sais où, et il publie ce sombre catalogue. J’ai vu, feuilleté ce livret, qui suinte le sang, et qui porte ce titre :

Liste des personnes qui ont péri par jugement du Tribunal révolutionnaire depuis le 26 août 1792 jusqu’au 13 juin 1794, et dont les corps ont été inhumés dans le terrain de l’ancien cimetière de la Madeleine situé rue d’Anjou, faubourg Saint-Honoré, appartenant à présent à M. Descloseaux, comme on le verra par son certificat ci-joint ; in-8° de 51 pages.

CERTIFICAT.

« Je soussigné, Pierre-Louis-Olivier Descloseaux, ancien avocat, propriétaire du véritable cimetière de la Madeleine de la Ville-l’Evêque, situé rue d’Anjou, faubourg Saint-Honoré, n° 48, ayant pris communication d’une liste des victimes frappées du glaive de la loi, à la place de la Révolution et autres endroits, depuis le 10 août 1792, et transportées audit cimetière, certifie qu’elle contient les noms de ces infortunés péris depuis ce jour jusqu’aux premiers jours du mois de mai 1794, et qu’elles ont été déposées, ainsi que le corps du roi saint Louis second et de la reine, son épouse, dans les endroits indiqués sur le plan, avec les renseignements numérotés sur ledit plan du terrain dudit cimetière, laquelle déclaration j’ai donnée sur la demande qui m’en a été faite par différentes personnes des familles intéressées. Dont acte, à Paris, ce quatre juin dix-huit cent quatorze. »

« Olivier Descloseaux. »

Malheureusement, le plan indiqué par l’heureux propriétaire de cette terre grasse n’accompagne pas la brochure ; il fallait pour le consulter se rendre chez Descloseaux lui-même.
La liste n’en est pas moins éloquente : j’y compte treize cent quarante-trois décapités, et parmi ces derniers on relève ces noms :
Louis XVI, Marie-Antoinette, Collenot d’Angremont, qui a étrenné ledit cimetière ; Philippe-Egalité ; les vingt et un Girondins ; Custine, Bailly, dont le corps sans tête fut apporté du Champ de Mars ; Mme Rolland, Barnave, Luckner, la comtesse de Lauragais, dame d’Arlay ; Fabre d’Eglantine, l’auteur de : Il pleut, il pleut, bergère ; le fougueux Danton ; Camille Desmoulins et sa bien-aimée Lucile ; Hérault de Séchelles ; les vingt-six présidents et conseillers du Parlement de Toulouse ; Lamoignon de Malesherbes, défenseur de Louis XVI, et sa fille, Mme de Rosambo ; la duchesse de Choiseul ; les vierges de Verdun ; les de La Tour du Pin ; tous les fermiers généraux, parmi lesquels l’immortel Lavoisier, etc… Oui, ce coin de terre de la rue d’Anjou-Saint-Honoré a été engraissé par ces illustres dépouilles. Il est vrai qu’il y eut aussi le corps immonde de la Dubarry, celui de son valet de chambre Morin, celui du père Duchesne, celui de sa digne épouse !
L’on comprend que dans d’aussi épouvantables orgies de sang humain le bourreau ait eu une belle place au soleil.
Charles-Henri Sanson, IVe du nom et de la profession (né le 15 février 1739, et mort le 4 juillet 1806), voulut, lui aussi, jouir des droits de citoyen actif, que, dans la séance du 23 décembre 1789, l’abbé Maury contestait à ces agents de dame guillotine. On a de maître Sanson un mémoire libellé par l’avocat Maton de La Varennes, qu’il adressa à cet effet à l’Assemblée constituante. C’est une histoire complète de la bourreaucratie, et messieurs les bourreaux, depuis Richard Borel, qui possédait le fief de Bellencombre (1260), et qui avait charge de faire pendre les voleurs du canton, jusqu’à Jacques Ganier, exécuteur de Reims, Joseph Doublot, exécuteur de Blois, Ferey et Jouenne, exécuteurs de Rouen, etc., y trouvent leur biographie. L’Assemblée nationale avait décrété :
Il ne pourra être opposé à l’éligibilité d’aucun citoyen d’autres motifs d’exclusion que ceux qui résultent des droits constitutionnels.
Charles-Henri Sanson demande qu’on y ajoute :
L’Assemblée nationale déclare qu’elle comprend les exécuteurs des jugements criminels dans le nombre des citoyens.
Si l’Assemblée nationale n’a pas répondu favorablement à cette pétition du tueur d’hommes, en vérité elle y a mis de la mauvaise volonté, et l’on ne conçoit pas comment elle n’a pas été attendrie par cette prose :
« Ce n’est point un mémoire judiciaire qu’on va lire; ce sont les justes plaintes d’une portion d’hommes qu’un préjugé aveugle marque au sceau de l’infamie, et qui ne vivent que pour souffrir les humiliations, la honte et l’opprobre, dont le crime seul doit être couvert ; ce sont les doléances d’hommes malheureusement utiles et nécessaires, qui viennent pleurer aux yeux des pères de la patrie sur l’injustice de leurs concitoyens et réclamer les droits imprescriptibles qu’ils tiennent de la nature et de la loi; ce sont, enfin, leurs très respectueuses remontrances à l’auguste Assemblée des représentants de la Nation, à qui ils demandent une interprétation nécessaire de leur décret du 24 décembre dernier… Il s’agit de savoir si les exécuteurs sont éligibles aux places des communes, s’ils ont voix, consultations et délibérations dans les assemblées ; si, enfin, ils ont un état civil. Les exécuteurs exercent leur état à titre d’office ; ils le tiennent directement du roi ; leurs provisions sont scellées du grand sceau ; elles ne s’obtiennent que sur un bon et loyal rapport de la personne des impétrants. »
Après tout, Charles-Henri Sanson avait bien le droit de revendiquer son titre de citoyen.
Non-seulement il était l’auteur de l’ouvrage : Les monopoleurs démasqués ; mais, de plus, il était enregistré dans la garde nationale de son district, celui de la rue Neuve-Saint-Jean, faubourg
Saint-Martin, dans laquelle il avait établi ses pénates. A preuve cette carte qu’il montrait à tout venant :

MILICE BOURGEOISE PARISIENNE,

DISTRICT DES FILLES-DIEU.

Le porteur d’une épée, un fusil et des pistolets, M. Sanson, est citoyen du quartier, enregistré. Les patrouilles sont priées de le laisser passer librement, armé ou non armé.

Signé : Levasseur, capitaine trésorier ;
Cellerier, secrétaire du Comité.

(Au bas est le cachet du district.)

Ou il s’agit de savoir si un guillotiné, après que la tête a été séparée du tronc, sait qu’il a été guillotiné.

Dans le courant de l’année 1793, c’est-à-dire à l’époque la plus affreuse de la révolution, un jeune médecin allemand, du nom de Oesler, parcourant la Suisse, avait la bonne fortune de posséder pour compagnon de voyage le célèbre Soemmering, un des anatomistes les plus habiles et les plus laborieux de la Germanie, un des créateurs de l’anatomie chirurgicale. La France était souvent, comme bien on pense, le sujet de la conversation. On vint à parler de la terreur et de ses excès, de sa fureur, et de la machine à décapiter de Guillotin.
– Savez-vous bien, dit Soemmering à son jeune ami, qu’il n’est pas du tout certain que dans une tête séparée du corps par la guillotine le sentiment, la personnalité, le moi soient abolis instantanément, et que le malheureux décapité ne ressente pas l’arrière-douleur dont le cou est affecté.
– Comment ! cher maître, répond Oesler, vous pensez que dans cette tête qui roule sur l’échafaud ou qui tombe dans le panier il reste encore de la sensibilité ; que le moi n’est pas immédiatement, instantanément anéanti ; que le guillotiné a, pendant quelques secondes, la conscience de sa position ; qu’il souffre dans son cou tranché par le couteau ! Mais ce serait horrible cela si c’était vrai !
– C’est pourtant ma conviction bien arrêtée. Ne savez-vous pas que le siège du sentiment et de son appréciation est dans le cerveau ; que les -opérations de cette conscience peuvent se faire, quoique la circulation du sang par le cerveau soit suspendue, ou faible, ou partielle… ?
Le siège de la faculté de sentir est dans le cerveau. Donc, aussi longtemps que le cerveau conserve sa force vitale, le supplicié a la conscience de son existence. Rappelez-vous donc que Haller affirme qu’une tête ayant été enlevée de dessus les épaules d’un homme, cette tête a grimacé horriblement lorsqu’un chirurgien qui était présent à l’exécution fourra le doigt dans le canal rachidien. Weikard, un de nos plus célèbres compatriotes, n’a-t-il pas vu se mouvoir les lèvres d’un homme dont la tête venait d’être abattue… ? Et Leveling ne rapporte-t-il pas avoir fait lui-même, sur le lieu du supplice, l’expérience d’irriter la partie de la moelle épinière qui était restée attachée à la tête après la séparation, et n’assure-t-il pas que les convulsions de cette tête ont été horribles…. ? D’ailleurs, des personnes dignes de foi m’ont assuré avoir vu grincer les dents après que la tète était séparée du tronc ; et je suis convaincu que si l’air circulait encore régulièrement par les organes de la voix qui n’auraient pas été détruits, ces têtes parleraient.
– Vous m’étonnez singulièrement, cher maître, fit Oelser. Je n’avais pas songé à tous ces faits que vous me rappelez, vous pouvez bien avoir raison. Mais alors la guillotine est un horrible supplice… ? Il faudrait en revenir à la pendaison. Dites-moi, cher maître, voudriez-vous, à votre retour chez vous, condenser votre manière de voir à ce sujet dans une lettre que vous m’adresseriez ? Je me charge de la faire publier en France, où votre nom est vénéré, et où vos beaux travaux vous ont acquis une grande réputation…
– Très-volontiers, mon jeune ami, vous aurez cette lettre, et je vous autorise à en faire l’usage qu’il vous plaira.
Les deux voyageurs se séparèrent, et, deux ans après, le 9 novembre 1795, le Moniteur insérait une lettre du célèbre anatomiste, et qui porte cette date : Francfort, 20 mai 1793.
Elle eut un immense retentissement. Les familles des malheureuses victimes ne pouvaient songer sans épouvante que leurs pères, leurs mères, leurs parents, après avoir souffert toutes les tortures morales d’une condamnation à mort, avaient encore souffert matériellement dans le supplice de la décapitation, et que peut-être leur conscience avait survécu, ne fût-ce qu’une fraction de seconde, à la séparation de la tête.
Le moment était, on en conviendra, admirablement choisi pour que les singulières vues exprimées par un homme de la valeur du médecin allemand produisissent un véritable coup de théâtre.
Ce n’est pas pourtant qu’elles fussent absolument neuves, et qu’en cherchant bien on n’en trouvât pas des traces dans des temps plus éloignés. J’ai vu et lu une thèse sur le même sujet, écrite par un étudiant en chirurgie, un élève de l’hôpital de la Charité de Paris. Il se nommait Pierre Gautier. Lui aussi barbouilla du papier sur cette question : La tête d’un décollé conserve-t-elle, plusieurs instants après sa décollation du tronc, la faculté de sentir ?
Et il conclut ainsi :
« Je crois qu’une tête décollée conserve encore pendant plusieurs instants la faculté de sentir et de penser. »
Si Pierre Gautier a pu, en 1776, émettre une telle opinion, alors qu’il ne pouvait s’agir que de la décollation par l’épée, le sabre ou la hache, il n’est pas étonnant que, en 1793, la même erreur ait eu cours, quand la merveilleuse machine à décapiter enlevait les têtes comme par un coup de foudre, sans donner le temps (pensait-on) à la conscience, au sentiment, au moi, de quitter instantanément la tête, leur logement habituel.
Le croirait-on ? Il s’est trouvé un homme extrêmement distingué, d’un savoir immense, professeur de botanique, qui prit en main la défense de l’opinion de Soemmering. J’ai nommé Pierre Sue, bibliothécaire de l’Ecole de Paris, connu par des ouvrages nombreux justement estimés.
Pierre Sue, après des réflexions spécieuses qu’il est inutile de rappeler ici, n’hésite pas à déclarer que, selon lui, dans cette tête séparée du corps et qui grimace horriblement dans son bain de sang, « la puissance pensante entend, voit, sent et juge. » Et, comme bouquet, il signe ces lignes :
«….. Si, par une supposition, on avait pu, avant l’égorgement de ces malheureux, convenir avec quelques amis des mouvements que dirigerait après l’exécution leur conscience, par leurs paupières, leurs yeux ou leurs mâchoires, ne fût-ce que pour désigner, par ces mouvements convenus, s’ils avaient la conscience de leur supplice, ne doutons nullement que, par amour pour l’humanité, ils n’eussent consenti à faire cette triste expérience à l’avantage de leurs semblables. Bailly, Malesherbes, Roland, Corday, auraient été capables « d’un tel héroïsme… »
Eh bien, illustre Sue, votre impossible est devenu une réalité ; la convention que vous ne faites que supposer a eu lieu. Il s’est trouvé un homme qui, le couperet au-dessus de sa tête, les mains liées au dos, et n’ayant pour confident qu’un personnage mystérieux caché dans la foule immense, était convenu avec un médecin de cligner de l’œil lorsque sa tête serait tombée. L’expérience a été poursuivie jusqu’au bout…. pas pourtant jusqu’au clignement, car l’expérimentateur a fait un four complet.
Mais les idées extraordinaires et peu scientifiques lancées à l’aveuglette dans le monde par Soemmering et Sue se sont heurtées, dès leur origine, contre des hommes de sens qui les ont combattues avec vigueur. J.-B. Léveillé, George Wedekind, Le Pelletier, René-George Gastelier, médecin de l’hospice de Sens, ancien représentant du peuple, et qui avait vu la guillotine de près ; Cabanis, l’illustre auteur du Traité du moral et du physique de l’homme et d’autres, prenant en main le drapeau de la vraie science, ont brisé ce fantôme de « l’arrière-douleur » perçue par les décapités.