Discours de Maximilien Robespierre — 21 octobre 1789 – 1er juillet 1794

Notes écrites de la main de Robespierre sur différents députés à la convention
(c. juin 1794)

Tous les chefs de la coalition sont déjà notés par des traits d’immoralité et d’incivisme.

1° Dubois de Crancé. Il est dans le cas de la loi du 27 germinal, qui bannit de Paris ceux qui ont fait valoir de faux titres pour usurper la noblesse. La preuve doit en être dans |es archives du ci-devant Parlement; elle est écrite dans Denisard.

Cette circonstance n’a pas empêché qu’il ne restât en misssion dans l’armée de Cherbourg, où il| s’est fait envoyer par une intrigue, et s’est conduit en contre-révolutionnaire. Il a dit dernièrement, pour révolter toute la Bretagne, qu’il y aurait des chouans tant qu’il existerait un Breton. Cette menace a causé beaucoup de fermentation à Rennes. Elle a été dénoncée par |es officiers municipaux de cette ville, et par Sévestre et Duval, députés à la Convention nationale. Dubois, qui n’avait été envoyé là que pour l’embrigadement, après avoir fait adopter ce mode d’organisation, lié à une profonde machination, par le comité militaire, n’en a pas moins usurpé toute la plénitude des pouvoirs nationaux. Il a fait, entre autres, des arrêtés pour exclure, des sociétés populaires tous les fonctionnaires publics; il les a envoyés à Dufourny, son ami, l’ami de Danton et de l’étranger, duquel Dufourny il ignorait la détention, pour l’engager à communiquer ces arrêtés aux Jacobins, et les faire approuver dans un moment opportun. I| n’y a plus de doute aujourd’hui sur la trahison de Lyon, que _Dubois de Crancé_ ne voulait pas prendre, et d’où il a laissé échapper Précy et ses complices. _Dubois_ ne figura jamais dans les deux assemblées que comme partisan de d’Orléans, avec qui il était étroitement lié.

2° Delmas. C’est un ci-devant noble, intrigant taré. Il a joué un rôle plus qu’équivoque à l’armée du Nord, au temps des trahisons. Il était coalisé avec la Gironde et intimement lié avec Lacroix. Ce ne peut être que par un revirement d’intrigue qu’il a paru se déclarer pour la Montagne, ainsi que Lacroix dans l’affaire de Marat, dont il avait été le persécuteur. Il annonçait qu’il avait des secrets importants à révéler concernant la faction brissotine; il n’en fit jamais rien. Il n’en laissa échapper tout au plus, ainsi que Lacroix, que des demi-confidences dont le but était de donner le change sur les crimes des conjurés. On l’a connu dans le premier comité de salut public. Il s’est depuis intimement coalisé avec Danton, pour renverser celui qui existe aujourd’hui. C’est lui qui, au temps de l’accusation portée contre Danton et ses complices, ouvrit la scène scandaleuse donnée par la coalition, en demandant avec appareil l’appel de tous les membres des différents comités de la Convention, pour les opposer aux comités de salut public et de sûreté générale. Depuis cette époque, il se signala par quelques petites motions perfides dans le sens de la faction. Comme membre du comité militaire, il communique souvent avec Carnot.

3° Thuriot ne fut jamais qu’un partisan de d’Orléans. Son silence, depuis la chute de Danton et depuis son expulsion les Jacobins, contraste avec son bavardage éternel avant cette époque. Il se borne à intriguer sourdement et à s’agiter beaucoup à la Montagne, lorsque le comité de salut public propose une mesure fatale aux factions. Il était des dîners de Lacroix, de Danton, chez Guzman et dans d’autres lieux de la même espèce. C’est lui qui, le premier, fit une tentative pour arrêter le mouvement révolutionnaire, en prêchant l’indulgence sous le nom de morale, lorsqu’on porta les premiers coups à l’aristocratie. Il cabala d’une manière visible pour armer la Convention nationale contre le comité de salut public, lorsque ce comité fit le rapport contre Chabot, Danton et autres.

4° Bourdon (de l’Oise) s’est couvert de crimes dans la Vendée, où il s’est donné le plaisir, dans ses orgies avec le traître Tunk, de tuer des volontaires de sa main. Il joint la perfidie à la fureur. Depuis quelque temps il s’est introduit au comité de salut public sous différents prétextes. Il lui a présenté un commis que Carnot a placé dans ses bureaux, et qui en a été renvoyé sur la proposition réitérée de Robespierre. Il a fait la motion de ne plus payer d’impôts directs, celle de dessécher les étangs dans le moment où l’on manquait de viande, pour nous enlever la ressource du poisson. Il a déclamé dernièrement contre le décret sur le tribunal révolutionnaire. Il a été le plus fougueux défenseur du système d’athéisme. Il n’a cessé de faire du décret qui proclame l’existence de l’Etre-Suprême un moyen de susciter dans la Montagne des ennemis au gouvernement, et il y a réussi. Le jour de la fête à l’Etre-Suprême, en présence du peuple, il s’est permis sur ce sujet les plus grossiers sarcasmes et les déclamations tes plus indécentes. Il faisait remarquer avec méchanceté aux membres de la convention les marques d’intérêt que le public donnait au président, pour tirer contre lui des inductions atroces dans le sens des ennemis de la république.

Il y a à peu près dix jours, il se transporta chez Boulanger, et trouva chez ce dernier une jeune fille, qui est la nièce de ce citoyen. Il s’informa des liaisons de son oncle, de ses moyens d’existence. La fille lui répondit vaguement. Il prit deux pistolets sur la cheminée. La fille lui observa qu’ils étaient chargés. « Eh bien! répondit-il, si je me tue, on dira que c’est toi, et tu seras guillotinée. » Il continua de manier les pistolets, et les tira sur la jeune fille; ils ne partirent pas, parce que l’amorce était ôtée.

Il y avait de Bourdon une lettre qui avait été déposée à la police, écrite à un contre-révolutionnaire, où il lui dit que les détenus seront bientôt mis en liberté, et qu’on mettra à leur place ceux qui les auront fait incarcérer.

Cet homme se promène sans cesse avec l’air d’un assassin qui médite un crime; il semble poursuivi par l’image de l’échafaud et par les Furies.

5° Léonard Boudon. Intrigant méprisé de tous les temps, l’un des principaux complices d’Hébert, ami inséparable de Clootz; il était initié dans la conjuration tramée chez Gobel. Il avait composé une pièce contre-révolutionnaire, dans le sens hébertiste, qui devait être jouée à l’Opéra, et que le comité de salut public arrêta. Rien n’égale la bassesse des intrigues qu’il met en oeuvre pour grossir le nombre de ses pensionnaires, et ensuite pour s’emparer de l’éducation des élèves de la patrie, institution qu’il dénature et qu’il déshonore. Il était aux Jacobins l’un des orateurs les plus intarissables pour propager la doctrine d’Hébert. A la Convention, il fut l’un des premiers qui introduisirent l’usage de l’avilir par des formes indécentes, comme d’y parler le chapeau sur la tête et d’y siéger avec un costume ridicule. Il vint un jour avec Clootz solliciter la liberté des banquiers hollandais Vandenyver. Je les ai vus et entendus tous deux plusieurs fois, et Bourdon a eu le courage de me le nier impudemment aux Jacobins.

Discours sur la fausse marche imprimée au gouvernement révolutionnaire prononcé au Club des Jacobins le 13 messidor an II de la république française (1er juillet 1794)

(Ce fut dans cette séance que Robespierre signala pour la première fois la fausse marche imprimée au gouvernement révolutionnaire. Il réclama pour les patriotes opprimés, répondit aux calomnies auxquelles il était lui-même en butte, et qui pèsent encore sur sa mémoire. Il termina par des insinuations contre ses collègues des comités qui n’échappèrent à personne, et qui furent pour ceux-ci un avis de se tenir prêts. Son discours fit une grande sensation. En voici le texte)

Il est temps peut-être que la vérité fasse entendre dans cette enceinte des accents aussi mâles et aussi libres, que ceux dont cette salle a retenti dans toutes les circonstances où il s’est agi de sauver la patrie.

Quand le crime conspire dans l’ombre la ruine de la liberté, est-il, pour des hommes libres, des moyens plus forts que la vérité et la publicité? Irons-nous, comme les conspirateurs, concerter dans des repaires obscurs les moyens de nous défendre contre leurs efforts perfides?

Irons-nous répandre l’or et semer la corruption? En un mot, nous servirons-nous contre nos ennemis des mêmes armes qu’ils emploient pour nous combattre? Non. Les armes de la liberté et de la tyrannie sont aussi différentes que la liberté et la tyrannie sont opposées. Contre les scélératesses des tyrans et de leurs amis, il ne nous reste d’autre ressource que la vérité et le tribunal de l’opinion publique, et d’autre appui que les gens de bien.

On juge de la prospérité d’un état, moins par les succès de l’extérieur que par l’heureuse situation de l’intérieur. Quand les factions sont audacieuses, quand l’innocence tremble pour elle-même, la république n’est pas fondée sur des bases durables.

Je dénonce ici aux gens de bien un système odieux qui tend à soustraire l’aristocratie à la justice nationale, et à perdre la patrie en perdant les patriotes; car la cause de la patrie et celle des patriotes, c’est la même chose.

De tout temps les ennemis de la patrie ont voulu assassiner les patriotes au physique et au moral. Aujourd’hui, comme dans tous les temps, on s’efforce de jeter sur les défenseurs de la république un vernis d’injustice et de cruauté: on dénonce comme des attentats contre l’humanité la sévérité employée contre les conspirateurs. Celui qui protège et favorise ainsi les aristocrates combat par là même les patriotes: il faut que la révolution se décide par la ruine des uns ou des autres.

L’homme humain est celui qui se dévoue pour la causé de l’humanité, et qui poursuit avec rigueur et avec justice celui qui s’en montre l’ennemi; on le verra toujours tendre une main secourable à la vertu outragée et à l’innocence opprimée.

Le barbare est celui qui, sensible pour les conspirateurs, est sans entrailles pour les patriotes vertueux; les mêmes hommes qui se laissent attendrir pour l’aristocratie sont implacables pour les patriotes. _La faction des indulgents_, sont des termes par lesquels on a cherché à caractériser les anthropophages, dont l’humanité consiste à parer les coups portés aux ennemis de l’humanité, pour leur donner la facilité d’en porter de nouveaux aux patriotes. Ce système ne doit avoir d’autre nom que celui de _contre-révolutionnaire_, parce qu’il tend à égorger les défenseurs de la patrie, et à jeter sur eux une teinte affreuse de cruauté. La faction des indulgents est confondue avec les autres; elle en est l’appui et le soutien. Le premier devoir d’un bon citoyen est donc de la dénoncer en public. Je ne prendrais pas aujourd’hui la parole contre elle, si elle n’était pas devenue assez puissante pour essayer de mettre des entraves à la marche du gouvernement.

Tandis qu’un petit nombre d’hommes s’occupe avec un zèle infatigable aux travaux qui leur sont imposés par le peuple, une multitude de fripons et d’agents de l’étranger ourdit dans le silence une combinaison de calomnies et de persécutions contre les gens de bien. Déjà sans doute on s’est aperçu que tel patriote qui veut venger la liberté et l’affermir est sans cesse arrêté dans ses opérations par la calomnie, qui le présente aux yeux du .peuple comme un homme redoutable et dangereux. Elle fait donner à la vertu l’apparence du crime, et à la bassesse du crime la gloire due à la vertu.

Chaque jour elle invente de nouveaux forfaits pour réussir dans ses affreux complots; ce sont les _indulgents_ qui ne cessent de s’en servir comme d’une arme terrible. Cette faction, grossie des débris de toutes les autres, réunit par le même lien tout ce qui a conspiré depuis la révolution; elle a profité de l’expérience pour renouer ses trames avec plus de perfidie: aujourd’hui, elle met en oeuvre les mêmes moyens employés jadis par les Brissot, les Danton, les Hébert, les Chabot, et tant d’autres scélérats.

Plusieurs fois on a vu les comités de salut public et de sûreté générale attaqués eu masse; aujourd’hui, on aime mieux attaquer les membres en particulier, pour parvenir à briser le faisceau. Autrefois, on n’osait pas diriger ses coups contre la justice nationale; aujourd’hui, on se croit assez fort pour calomnier le tribunal révolutionnaire et le décret de la Convention concernant son organisation; l’on va même jusqu’à révoquer en doute sa légitimité. Vous sentez toute l’importance de cette machination; car détruisez la confiance accordée aux patriotes, et alors le gouvernement révolutionnaire est nul, ou il est la victime des ennemis du bien public, et alors l’aristocratie triomphe. Détruisez le tribunal révolutionnaire, ou composez-le de membres agréables aux factieux; comment pourrez-vous espérer de rompre les fils des conspirations, si la justice est exercée par les conjurés eux-mêmes?

Les despotes et leurs satellites savent bien que lors, qu’un patriote succombe, d’autres patriotes succombent aussi, et la cause du patriotisme éprouve le même sort. Ils croient pouvoir nous amener à nous détruire les uns les autres, par la défiance qu’ils veulent exciter parmi nous. Ils affectent de présenter aux citoyens les travaux de la Convention nationale comme ceux de quelque individu. On a osé répandre dans la Convention que le tribunal révolutionnaire n’avait été organisé que pour égorger la Convention elle-même; malheureusement, cette idée a obtenu trop de consistance. En un mot, je le répète, aujourd’hui les premières tentatives faites pour détruire la liberté sont renouvelées avec des formes plus respectables. Le plus haut degré du courage républicain est de s’élever au dessus des considérations personnelles, et de faire connaître, au péril de sa vie et même de sa réputation, les perfidies de nos ennemis. Quant à moi, quelque effort que l’on fasse pour me fermer la bouche, je crois avoir autant de droit de parler que du temps des Hébert, des Danton, etc. Si la Providence a bien voulu m’arracher des mains des assassins, c’est pour m’engager à employer utilement les moments qui me restent encore.

Les défenseurs de la patrie ont à combattre ordinairement les assassins et les calomniateurs; mais il est affreux d’avoir en même temps à répondre aux uns et aux autres. Qu’un homme arrange dans un cercle des actes d’accusation contre les patriotes, c’est un phénomène qui se réalise aujourd’hui. Les assassins et les calomniateurs sont les mêmes hommes envoyés ici par le tyran de Londres. On lit dans les papiers payés par l’Angleterre les mêmes choses que disent chaque jour des Français que je dénonce comme agents de l’Angleterre et de la tyrannie.

Qu’il me soit permis de parler de moi, dans une affaire qui n’est pas bien importante pour moi, du côté de l’intérêt personnel. A Londres, on me dénonce à l’armée française comme un dictateur; les mêmes calomnies ont été répétées à Paris: vous frémiriez si je vous disais dans quel lieu. A Londres, on a dit qu’en France la calomnie avait réussi, et que les patriotes étaient divisés; à Londres on fait des caricatures, on me dépeint comme l’assassin des honnêtes gens, des libelles imprimés dans les presses fournies par la nation elle-même me dépeignent sous les même traits. A Paris, on dit que c’est moi qui ai organisé le tribunal révolutionnaire, que ce tribunal a été organisé pour égorger les patriotes et les membres de la Convention nationale; je suis dépeint comme un tyran et un oppresseur de la représentation nationale. A Londres, on dit qu’en France on imagine de prétendus assassinats pour me faire entourer d’une garde militaire. Ici l’on me dit, en parlant de la _Renault_, que c’est sûrement une affaire d’amourette, et qu’il faut bien croire que j’ai fait guillotiner son amant. C’est ainsi que l’on absout les tyrans, en attaquant un patriote isolé, qui n’a pour lui que son courage et sa vertu.

La vérité est mon seul asile contre le crime; je ne veux ni de partisans ni d’éloges: ma défense est dans ma conscience. Je prie les citoyens qui m’entendant de se rappeler que les démarches les plus innocentes et les plus pures sont exposées à la calomnie, et qu’ils ne peuvent rien faire que les tyrans ne cherchent à le tourner contre eux.

Quelle doit être la conduite des amis de la liberté, lorsqu’ils se trouvent dans la misérable alternative ou de trahir la patrie, ou d’être traités de tyrans, d’oppresseurs, d’hommes injustes et avides de sang, s’ils ont le courage de remplir leurs devoirs et la tâche que leur impose la Convention, et de préférer l’innocence opprimée à la horde exécrable des scélérats qui conspirent contre la liberté? Trahissez ta patrie d’une manière adroite, bientôt les ennemis du peuple sont à votre secours. Défendez la cause de la justice, vous ne pourrez pas dire une parole sans être appelé tyran et despote; vous ne pourrez pas invoquer l’opinion publique, sans être désigné comme un dictateur. Ceux qui défendent courageusement la patrie sont exposés comme ils l’étaient du temps de Brissot; mais je préférerais encore au moment actuel celui où je fus dénoncé par Louvet, sous le rapport de ma satisfaction personnelle: les ennemis d«s patriotes étaient alors moins perfides et moins atroces qu’aujourd’hui.

L’accusation de Louvet est renouvelée dans un acte trouvé parmi les papiers du secrétaire de Camille Desmoulins, ami du conspirateur Danton; cet acte était près de paraître, lorsque le comité de sûreté générale l’a découvert et l’a renvoyé au comité de salut public. Les conjurés y citent tout ce qui s’est passé dans la révolution, à l’appui de leur dénonciation contre un prétendu système de dictature. A examiner l’absurdité de la dénonciation, il serait inutile d’en parler, des calomnies aussi grossières ne sont pas faites pour séduite les citoyens, mais on verra qu’elles n’étaient préparées que comme un manifeste qui devait précéder un coup de main contre les patriotes. Que direz-vous, si je vous apprends que ces atrocités n’ont pas semblé révoltantes à des hommes revêtus d’un caractère sacré, si parmi nos collègues eux-mêmes, il s’en est trouvé qui les ont colportées!

(Robespierre, après avoir fait observer que toutes les calomnies des tyrans et de leurs stipendies peuvent jeter une sorte de découragement dans l’âme des patriotes, invoque pour appui la vertu de la Convention nationale, vertu qui donne la force de résistance et l’obligation de mettre sous ses pieds les intérêts de l’amour-propre, et de ne pas se laisser ébranler par les efforts redoublés des calomniateurs; il invoque aussi le patriotisme et la fermeté des membres des comités de salut public et de sûreté générale, ainsi que la vertu des citoyens zélés pour les intérêts de la république; il représente que ce ne sont pas des applaudissements et des éloges qui sauveront la liberté, mais une vigilance infatigable; il invite donc les bons citoyens à dénoncer les actes d’oppression, à observer et à dévoiler les intrigues étrangères.)

Quand les circonstances se développeront (continue-t-il), je m’expliquerai plus au long; aujourd’hui, j’en ai dit assez pour ceux qui sentent. Il ne sera jamais au pouvoir de personne de m’empêcher de déposer la vérité dans le sein de la représentation nationale et des républicains. Il n’est pas au pouvoir des tyrans et de leurs valets de faire échouer mon courage.

Qu’on répande des libelles contre moi, je n’en serai pas moins toujours le même, et je défendrai la liberté et l’égalité avec la même ardeur. Si l’on me forçait de renoncer à une partie des fonctions dont je suis chargé, il me resterait encore ma qualité de représentant du peuple, et je ferais une guerre à mort aux tyrans et aux conspirateurs.