Abraham Lincoln – Discours

Adresse de Gettysburg, 19 novembre 1863.

L’Adresse de Gettysburg (The Gettysburg Address) est un discours prononcé le 19 novembre 1863 par le président des États-Unis d’Amérique, Abraham Lincoln, lors de l’inauguration d’un cimetière national sur le lieu du champ de bataille de Gettysburg.

Il y a quatre-vingt-sept ans nos pères ont donné le jour sur ce continent à une nouvelle nation, conçue dans la liberté et attachée à l’idée que tous les hommes sont créés égaux.

Nous sommes aujourd’hui engagés dans une grande guerre civile qui éprouvera la résistance au temps de cette nation, comme de toute autre nation de conception et de vocation semblables. Nous voilà rassemblés sur un grand champ de bataille de cette guerre. Nous sommes venus offrir, pour dernière demeure, un lopin de cette terre à ceux qui ont donné leur vie pour que vive cette nation. Ce n’est somme toute que convenance et justice que nous fassions ceci.

Mais, plus généralement, nous ne pouvons destiner… nous ne pouvons consacrer… nous ne pouvons sanctifier cette terre. Les braves, vivants et morts, qui ont lutté ici, l’ont consacrée bien au-delà de notre humble pouvoir d’ajouter ou de retrancher. Le monde n’accordera pas beaucoup d’importance ni ne se souviendra longtemps de ce que nous avons dit ici, mais ce qu’ils ont fait ici ne pourra jamais être oublié. C’est à nous, les vivants, plutôt, d’être voués ici à la tâche inachevée, pour laquelle ils ont ainsi combattu ici si noblement. C’est plutôt à nous d’être ici voués à la grande tâche qui nous revient… que de ces honorés défunts nous portions une dévotion grandissante à cette cause pour laquelle ils ont donné la dernière et grande mesure de dévouement ; que nous prenions ici la ferme résolution que ces morts ne seront pas morts en vain ; que cette nation, si Dieu le veut, verra renaître la liberté ; et que le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, ne disparaîtra pas de la terre.

Source:Abraham Lincoln – Adresse de Gettysburg (1863)

Discours de la deuxième inauguration, Samedi 4 mars 1865.

Chers concitoyens,

Pour cette deuxième occasion de prêter le serment d’investiture présidentielle, il y a moins de raison pour faire un long discours qu’il n’y en avait à la première. Puis une déclaration quelque peu en détail d’une marche à suivre me semblait appropriée et convenable. Maintenant, à l’expiration de quatre ans, au cours desquelles des déclarations publiques ont été constamment sollicitées sur chaque point et chaque phase du grand conflit qui absorbe toujours l’attention et les énergies de la nation, peu de nouveau pourrait être présenté. Les progrès de nos armes, sur laquelle tout le reste dépend principalement, est aussi bien connu du public quant à moi, et il est, je l’espère, raisonnablement satisfaisant et encourageant à tous. Avec grand espoir pour l’avenir, aucune prédiction quant à elle n’est aventurée.

A la même occasion il y a quatre ans, toutes les pensées étaient anxieusement dirigées vers une guerre civile imminente. Tous l’ont redoutée, tous cherchait à l’éviter. Alors que le discours inaugural a été livré à partir de ce lieu, consacré entièrement à sauver l’Union sans guerre, les agents insurgés qui se trouvaient dans la ville, cherchait à la détruire sans guerre, cherchant à dissoudre l’Union et de diviser ses effets par la négociation. Les deux partis détestaient la guerre, mais l’un d’entre eux feraient la guerre plutôt que de laisser la nation survivre, et l’autre accepteraient la guerre plutôt que de le laisser périr. Et la guerre est venue.

Un huitième de la population se composait des esclaves noirs, non répartis uniformément sur le sol de l’Union, mais localisé dans la partie sud de celui-ci. Ces esclaves ont constitué un intérêt particulier et puissant. Tous savaient que cet intérêt était en quelque sorte la cause de la guerre. Pour renforcer, pérenniser et étendre cet intérêt a été l’objet pour lequel les insurgés déchirerais l’Union, même par la guerre, tandis que le que le gouvernement revendiquait seulement le droit d’en limiter l’expansion territoriale.

Aucune partie n’avais prévu l’ampleur ou la durée que la guerre allais atteindre. Ni prévu que la cause du conflit pourrait cesser avec ou même avant le conflit lui-même pût cesser. Chacun a compté sur un triomphe plus facile, et un résultat moins fondamental et étonnant. Les deux lisent la même Bible et prient le même Dieu, et chacun invoque son aide contre l’autre. Il peut sembler étrange que les hommes devraient oser demander une assistance juste de Dieu en tordant leur pain de la sueur des visages des autres hommes, mais nous ne jugeons pas, que nous ne soyons pas jugés. Les prières des deux ne pouvaient pas répondre. Celles de ni l’un, ni l’autre, n’ont été entièrement exaucées.

Le Tout-Puissant a ses propres buts. « Malheur au monde à cause des offenses ! car les offenses viennent inévitablement ; mais malheur à l’homme par qui les offenses viennent. »
Si nous devons supposer que l’esclavage américain est une de ces offenses qui, dans la providence de Dieu, devait arriver, mais que, ayant duré au-delà de Son temps désigné, Dieu veut maintenant extirper, et qu’il impose au Nord et au Sud cette guerre terrible, comme malheur dû à ceux par qui l’offense est venue, est-ce que nous devrions y discerner n’importe quelle déviation à ces attributs divins que les croyants en un Dieu vivant lui attribuent toujours ? Tendrement nous espérons, ardemment nous prions pour que ce fléau terrible de la guerre puisse bientôt finir. Cependant, si Dieu veut qu’elle continue jusqu’à ce que toute la richesse amassée par les esclaves pendant deux cents ans de travail non récompensé soit détruite, et jusqu’à ce que chaque goutte de sang versée par le fouet soit payée par une autre versée par l’épée, comme il fut dit il y a 3000 milles ans, il faut toujours dire que « les jugements du Seigneur sont tout à fait vrais et justes. »

Sans haine contre personne, avec charité envers tous, avec une ferme confiance dans le droit, dans la mesure que Dieu nous permet de reconnaître le droit, laissons-nous finir le travail que nous avons commencé ; panser les blessures de la nation, s’occuper de celui qui a lutté dans la bataille, de sa veuve et de son orphelin, pour faire tout notre possible pour réaliser et aimer une paix juste et durable entre nous, et avec toutes les nations.