Culture

JOURNAL DANTONNIEN

L’élitisme de la Bibliothèque Nationale de France.

La Bibliothèque Nationale de France, cet ardent défendeur de l’élitisme culturel, trône sans contraintes légales sur le patrimoine français. Si un autodidacte, un ouvrier ou un jeune de 18 ans essaye d’accéder à la collection des livres rares, il devra passer devant une inquisition. Seulement les chercheurs, les étudiants, les auteurs et ceux munis de bagages universitaires pourront accéder à cette collection. Cela dure, à ma connaissance, depuis 1962 lors de ma première visite. Après une autre tentative en 2006, idem, accès refusé.

A qui appartiennent ces richesses, ce patrimoine ? Au peuple qui a facilité et créé cette richesse intellectuelle ou à la BNF ?

Pour ajouter aux insultes, si vous désirez une copie numérisée, il vous faudra payer. La BNF s’attribue les droits de votre patrimoine en se transformant en « one arm bandit », c’est-à-dire une machine à sous, même si elle est la gardienne de votre patrimoine. Vous êtes invité aux collections générales, mais il faudra payer pour une carte à l’année. Vous allez dans la « National Library » à Londres, la « Library of Congress » à Washington et les consultations sont gratuites et ouvertes à tous, la seule qualification demandée est l’âge du lecteur. La plupart des collections rares dans les bibliothèques universitaires sont aussi accessibles à tous.

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Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946.

13. La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’Etat.

Non à la privatisation du domaine public par la Bibliothèque nationale de France !

Le ministère de la Culture a annoncé hier la conclusion de deux accords, signés entre la Bibliothèque nationale de France et des firmes privées, pour la numérisation de corpus de documents appartenant pour tout (livres anciens) ou partie (78 et 33 tours) au domaine public. Les fonds concernés sont considérables  : 70 000 livres anciens français datant de 1470 à 1700, ainsi que plus de 200 000 enregistrements sonores patrimoniaux. Ces accords, qui interviennent dans le cadre des Investissements d’avenir et mobilisent donc de l’argent public, vont avoir pour effet que ces documents ne seront pas diffusés en ligne, mais uniquement sur place à la BnF, sauf pour une proportion symbolique.

Ces partenariats prévoient une exclusivité de 10 ans accordée à ces firmes privées, pour commercialiser ces corpus sous forme de base de données, à l’issue de laquelle ils seront mis en ligne dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF. Les principaux acheteurs des licences d’accès à ces contenus seront des organismes publics de recherche ou des bibliothèques universitaires, situation absurde dans laquelle les acteurs du service public se retrouveront contraints et forcés, faute d’alternative à acheter des contenus numérisés qui font partie du patrimoine culturel commun.

Les conditions d’accès à ces éléments de patrimoine du domaine public seront restreintes d’une façon inadmissible par rapport aux possibilités ouvertes par la numérisation. Seule la minorité de ceux qui pourront faire le déplacement à Paris et accéder à la BnF seront en mesure de consulter ces documents, ce qui annule le principal avantage de la révolution numérique, à savoir la transmission à distance. Partout enFrance et dans le monde, ce sont les chercheurs, les étudiants, les enseignants, les élèves, les amateurs de culture, les citoyens qui se trouveront privés de l’accès libre et gratuit à ce patrimoine.

La valeur du domaine public réside dans la diffusion de la connaissance qu’il permet et dans la capacité à créer de nouvelles œuvres à partir de notre héritage culturel. Sa privatisation constitue une atteinte même à la notion de domaine public qui porte atteinte aux droits de chacun.

Source: Non à la privatisation du domaine public par la Bibliothèque nationale de France !

Le succès populaire de la lecture publique

« La lecture publique est une conception particulière du rôle et du travail des bibliothèques. Elle insiste sur « les valeurs et les principes » (p. 123) de gratuité, égalité et accessibilité. Agnès Camus s’intéresse aux représentations que les habitués se font de la BPI. Elle montre qu’ils ont intériorisé ce système de valeurs et qu’ils en sont des promoteurs vigoureux. L’accès à la BPI et à son fonds ne souffre d’aucune barrière symbolique. Il n’est pas nécessaire de posséder une carte ou de passer par une banque de prêt. Et s’il faut patienter dans la file d’attente, les habitués ne considèrent pas cela comme un obstacle imposé par l’institution, mais bien comme une contrepartie acceptable du succès d’une idée. Tous les usagers sont placés dans une situation d’égalité dans l’accès à ce lieu et à son offre. Les habitués caractérisent d’autant plus facilement la BPI qu’ils la comparent à d’autres bibliothèques. L’« autre bibliothèque » la plus souvent désignée est la BnF. Cette dernière apparaît plus sombre, fermée, austère, moins cosmopolite et vivante que la BPI. C’est cette opposition qu’exploite Christian Baudelot dans la préface de ce livre : « Le plaisir du profane se nourrit de son aversion pour l’ascèse du lettré » (p. 11). Pour lui, les habitués, à l’image de la BPI et plus largement des médiathèques, « militent pour un nouveau rapport aux oeuvres culturelles et pour une définition plus large et plus démocratique de ces oeuvres » (p. 11-12). Il voit là une opposition forte entre monde des bibliothèques et monde scolaire. On se souvient qu’il a montré avec ses consoeurs 3 comment l’insistance sur l’enseignement de la littérature se situe surtout désormais au lycée. »

Source: Le succès populaire de la lecture publique

Éloge du prêt

« À qui appartiennent tout ce savoir, cette masse d’informations? Alors que la dématérialisation des contenus de connaissance, séparés de leurs supports papier, vinyle, magnétiques ou autres, exacerbe un peu plus encore leurs caractéristiques de biens à la fois non-excluables (quand une connaissance ou une information existe, elle ne peut pas être interdite aux autres, ne serait-ce que par respect de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, qui garantit à chacun « la liberté et l’égalité d’accès à l’information et au savoir »), et non-exclusifs (si j’accède à une connaissance ou une information, je n’en prive pas pour autant les autres, notamment celui qui la « possédait » auparavant). »

Source: éloge du prêt

« Même la merde d’artiste est devenue muséable ! »

Académien, professeur au Collège de France, Marc Fumaroli ne décolère pas contre l’abatardissement du mot « culture. »

Le mot culture est d’emploi relativement récent. On parlait autrefois de gens cultivés, comme d’un champ stérile que la culture a rendu fertile. Les anthropologues se sont emparés du mot pour désigner les outils dont se servent les peuples sans écriture pour se défendre contre la nature.

Appliqué à nos sociétés, culture en ce sens est devenue un mot-valise qui désigne tout et n’importe quoi. On parle de culture d’entreprise, de culture rock, pop, rap, de culture de banlieue, de culture élitiste. Ce vague est employé de manière extensive pour désigner les habitudes de vie propres à un groupe social ou les clients d’un même type de divertissement.

De culture mot-valise, on est passé ensuite à la notion de « multiculturalisme », qui prétend décrire et même théoriser une société invraisemblable, composée d’une multitude de cultures différentes ou incompatibles, et qui néanmoins pratiquerait une parfaite tolérance réciproque ! (…) Du fait que tout est culturel, tout peut devenir objet de mise en scène muséale, même « la merde d’artiste », même les préservatifs qui font partie de la marchandisation du Tour de France ! La vraie question : qu’est-ce qui échappe au culturel, qu’est-ce qui « cultive » au sens ancien de culture de l’âme ?

D’abord le désir qui naît, on ne sait pourquoi, d’échapper à l’étouffement sociologique du culturel-commercial-électoral. Ensuite l’exercice du discernement et de la préférence personnelle pour ce qui cultive, fertilise et nourrit, aux dépens de ce qui fait de nous des cobayes dociles de la sociologie culturelle, commerciale et électorale. Un éveil à soi-même hors du quantifiable. Cela s’appelle aussi la grâce ou la sagesse.

Marc Fumaroli est l’auteur de L’Etat culturel : une religion moderne, Editions de Fallois

Source: Marc Fumaroli : « Même la merde d’artiste est devenue muséable ! ».

Y-a-t-il une corrélation entre l’accés à la culture, l’éducation et les Prix Nobels ?

Source: Rasmussen College Online

Redevance Télévision

Mme Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture, pense que les moutons français se sont transformés en machine à sous pour financer les inaptitudes des chaînes de télévision de l’état en imposant une taxe sur les écrans de PC.

Quand les chaînes de télévision et de radios appartiennent à l’état, pouvez-vous dire que vous vivez dans un pays démocratique ? Il suffit que les commentateurs, les employés ou même les artistes tiennent des propos contre les dirigeants ou leur politique et ces personnes se retrouveront muselées et sans emplois. Cette machine financée par les caisses de l’état, n’a pas besoin de se mettre au régime budgétaire en brisant cette dépendance. La solution au régime budgétaire est de rediffuser des séries américaines (moins cher que de produire des nouvelles). Les chaînes indépendantes sont obligées de présenter des programmes récents et suivis pour vendre de la publicité alors que celles de l’état passent des séries étrangères qui datent de l’antiquité médiatique ou des sois disant experts qui parlent pour ne rien dire (Ils sont heureux d’avoir une publicité gratuite et une audience. Cela coûte moins cher que de financer de nouveaux programmes).
Une exception avec Arte et France 5, deux chaînes de télévision culturelles.

Donc aucune motivation à un autofinancement à travers la publicité plutôt que de piocher dans la poche des contribuables. Bien sûr que personne n’aime la publicité qui dérange tous les programmes, mais vous payez déjà une redevance en plus de la publicité qui ne disparaitra pas. De vague mémoire, la redevance devait servir à éviter de diffuser de la publicité sur chaînes de télévision de l’état.

France  Télévisions
en M€ 2010 2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Redevance audiovisuelle 2 472,70 2 412,40 1 945,30 1 879,50 1 834,30 1 796,80 1 632,70 1 499,50 1 470,50 1 431,80 1 259,80
Publicité et parrainage 485,20 430,90 618,50 823,10 833,60 780,50 784,30 710,50 677,40 617,10 704,80
Chiffre d’affaires 3 140,00 3 034,20 2 750,30 2 927,70 2 853,00 2 727,00 2 667,40 2 372,00 2 282,10 2 179,90 2 102,30
Résultat d’exploitation 31,30 60,70 – 101,30 32,40 51,00 42,50 45,80 40,30 35,10 21,30 39,70
Résultat financier – 5,70 – 9,60 – 6,70 2,10 – 8,40 – 7,50 – 7,60 – 10,90 – 16,60 – 10,50 – 22,20
Résultat courant 25,50 59,10 – 107,90 34,60 42,70 35,00 38,20 29,40 18,50 10,80 …..
Résultat exceptionnel – 1,30 – 37,40 – 30,90 – 5,80 – 12,30 – 0,40 – 0,90 – 5,70 36,40 4,50 25,40
Résultat net (part du groupe) 12,80 19,70 – 78,50 22,20 13,00 23,90 25,40 14,20 53,20 36,10 38,50
Capacité d’autofinancement 146,60 172,40 – 11,60 82,70 141,80 146,70 136,30 117,00 106,00 74,10 370,40

(Source France Télévisions : Résultats 2000 & Rapports financiers 2004, 2005, 2006, 2007, 2008,,2009 et 2010)

Toutes les sociétés significatives dans lesquelles France Télévisions S.A. exerce, directement ou indirectement, un contrôle exclusif sont consolidées par intégration globale. Les sociétés significatives dans lesquelles le groupe exerce une influence notable sont consolidées par équivalence. Cette méthode consiste à retenir dans les comptes consolidés la part de capitaux propres et de résultat correspondant au pourcentage d’intérêt direct ou indirect détenus par la société mère. Le principe de l’intégration fiscale consiste à faire reprendre par la société tête du groupe fiscal France Télévisions SA, les produits et les charges d’impôt transférés par les filiales intégrées. L’intégration fiscale est neutre pour les filiales concernées. Les déficits des filiales, mis en regard de profits d’autres filiales dans le processus d’intégration fiscale, font l’objet d’une provision couvrant le risque de la holding de devoir ultérieurement payer de l’impôt à la hauteur des déficits utilisés.

Source: Chaînes de Télévisions

Redevance PC : retour aux fondamentaux socialistes.

Suite à la demande expresse de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, songe à étendre la redevance audiovisuelle aux écrans d’ordinateur et aux tablettes.

Un article du Parisien libéral.

En attendant que Jean-Marc Ayrault prépare son discours de politique générale, ses ministres continuent à travailler en toute concertation, comme prévu par la charte ministérielle.
Dernière sortie concertée en date : celle d’Aurélie Filippetti. Qu’est-ce que vous annoncent le Figaro, Le Parisien ou Numerama ? Que la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, songe à étendre la redevance audiovisuelle aux écrans d’ordinateur et aux tablettes. Il s’agit d’une demande expresse de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques. À regarder leur site web http://www.sacd.fr/, on peut honnêtement se demander comment ces chers auteurs et compositeurs dramatiques ont le temps de faire du théâtre ou de la télévision alors qu’ils se soucient de sujets allant jusqu’à “la parité et l’égalité hommes/femmes dans la culture et le spectacle vivant”, par exemple.

Aurélie Filippetti, qui même si elle est elle-même auteur, n’est certainement pas en conflit d’intérêt lorsqu’elle relaie les propositions de la SACD, dit qu’étendre la redevance TV à tout ce qui bouge permettra de renflouer les chaines TV publiques. BFM TV début juin notait qu’il manquait 35 millions d’euros chez France Télévision. La raison était que l’atonie du marché publicitaire, pour cause de ralentissement économique global, avait fait prendre un retard au business plan de l’ensemble du pôle public d’audiovisuel. Dans ce contexte, qu’a fait le gouvernement actuel ? Baisse des coûts chez France 2 ? Suppression de certaines émissions ? Non. On préfère accuser le gouvernement précédent de laisser des trous, parce que, c’est bien connu, pour les socialistes les ressources doivent exister, les contribuables au sens large sont la pour ça !

Redevance PC
Redevance PC.

Source: Redevance PC